Enfin un cadre européen commun pour l’exploitation des hydrocarbures de gisements non conventionnels

Le commissaire européen à l’Energie, Günther Oettinger a souhaité, dans un discours prononcé à Wroclaw, en Pologne, lors d’une réunion du Parti Populaire Européen (PPE), l’instauration de normes communes pour l’exploitation de gaz de schiste dans l’ensemble des pays de l’Union Européenne. « Je pense que les gaz non conventionnels ont besoin d’un haut niveau d’acceptation. Nous devons avoir de hautes exigences en matière de sécurité et de normes environnementales » a-t’il notamment déclaré.

Il était temps que, sous la férule polonaise, les Européens se mettent d’accord pour obliger chaque Etat membre à déterminer la richesse de son sous-sol en gaz et huiles de schiste ainsi qu’en gaz de réservoirs compacts, techniquement et économiquement récupérables, dans le respect des lois et des règlements en vigueur et de ceux qui viendraient à être crées. Car il devient urgent que l’Union Européenne, dans son ensemble, trouve des solutions pour réduire sa facture pétrolière. En effet, ces importations d’hydrocarbures extérieures à l’UE portent atteinte à la parité de l’Euro par rapport aux autres monnaies de référence et contribuent à renchérir le coût de la vie.

Aujourd’hui, la France fait cavalier seul en Europe et se place dans une posture rétrograde avec la loi N° 2011-835 du 13 juillet dernier dite loi Jacob, paradoxale et en toute vraisemblance inconstitutionnelle, qui paralyse tout projet et que l’Assemblée Nationale a voté à la hâte, sous la pression des écologistes radicaux avec lesquels je demeure prêt à discuter. Légiférer sans réguler, quelle curieuse manière de procéder, quand bien même une élection se profile-t-elle à l’horizon !

La France traîne également des pieds : le rapport de la mission gouvernementale, qui devait être remis le 31 mai dernier et dont l’Assemblée Nationale a fait fi, a été repoussé au 31 décembre 2011 avec un second rapport d’étape prévu entre temps à une date qui n’est pas encore fixée, puisque la mission s’est vue reconduite dans ses travaux par le Premier Ministre.

De leur côté, la Hongrie, le Royaume-Uni, l’Allemagne , l’Autriche et d’autres pays de l’Union laissent les expérimentations et les explorations se poursuivre dans la sérénité avant de prendre des décisions.

La Pologne, où le Commissaire Oettinger a prononcé son discours, montre l’exemple. Elle dépend aujourd’hui à 40 % des importations de gaz russe, mais dispose de gigantesques réserves de gaz de schiste, enfouies dans une diagonale de près de 650 kilomètres qui court depuis la Baltique jusqu’à sa frontière avec le Belarus. Ces réserves, dont plusieurs forages verticaux et horizontaux assortis de fracturation hydraulique ont prouvé l’existence, sont les plus importantes de l’Union Européenne. Elles ont été évaluées par l’Agence américaine d’information énergétique (EIA) à 5 300 milliards de mètres cubes, soit l’équivalent d’un à deux siècles de consommation domestique !

De plus, l’épuisement progressif de son charbon obligeant la Pologne à choisir de nouvelles sources d’énergie de remplacement, les gaz de schiste constituent une composante importante de la réponse au mix énergétique à trouver. La production d’hydrocarbures de gisements non conventionnels polonais n’a pas encore commencé mais la prospection est largement avancée et la Pologne devrait pouvoir retirer d’ici une décennie, tant sur le plan financier que sur celui de l’indépendance énergétique, les bénéfices de cette richesse enfouie sous son sol.

Il serait ridicule qu’à l’heure des choix d’un nouveau mix énergétique, la France refuse sans autre motif qu’une crainte irraisonnée, propagée par un documentaire qui ne concerne pas même le gaz de schiste mais dont certains parlementaires et les mouvements écologiques ont fait leur bréviaire, d’exploiter ses richesses naturelles. Car dans le même temps, grâce au marché commun, nous pourrions être amenés à acheter… du gaz de schiste polonais. Ce serait en quelque sorte la réponse du « plombier polonais » à la bergère hexagonale.

Quelle hypocrisie ! Et surtout quel gâchis…

J’espère que le sujet, porté à l’échelle européenne, connaîtra un encadrement digne de ce nom qui fournira de la visibilité à tous les acteurs, des professionnels des hydrocarbures aux riverains des zones exploitées en passant par nos élus.

Il ne s’agit pas, comme d’aucuns en brandissent la menace, d’un laisser-faire général, mais bel et bien de poser des conditions d’exploitation qui garantiront à la fois une sécurité maximale dans le respect le plus scrupuleux de l’environnement, un contrôle strict par des autorités indépendantes, une information transparente sur les activités en cours, et bien entendu une redistribution des revenus qui profitera aux collectivités territoriales et aux propriétaires terriens dont les sous-sols sont exploités.

Je suis tout à fait d’accord avec le Commissaire Oettinger lorsqu’il affirme que « la meilleure façon de procéder est d’européaniser les standards ». L’Europe est sans doute le meilleur garant d’une politique d’exploration raisonnable et bien encadrée de ces hydrocarbures de gisements non conventionnels.

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