Face au culot de certains, retrouvons l’audace !

Criminelle, comme l’a dit François Fillon ? Peut-être pas, certes, mais inconcevable, absurde, inique, allant à l’encontre des intérêts de la France et des Français, à l’exception des écologistes pour qui le Traité de Rome qui leur sert de bréviaire est encore trop osé… telle est la position du chef de la France à l’égard des gaz et huiles dits de schiste. Nous exagérons ? Allons bon, disons qu’elle est schizophrénique ! On voudrait les effets sans la cause. François Hollande n’ignore pas l’existence de ce relais de croissance que nous avons sous les pieds et dont la mise en production conforterait notre balance commerciale et contribuerait à faire infléchir la courbe du chômage mais, dans le même temps, il en bannit la recherche et l’exploitation sous des prétextes fallacieux qui font plaisir à l’aile minoritaire de sa majorité. Et pourtant, les Français ont le droit inaliénable de savoir ce que recèle le sous-sol de leur pays : c’est l’un des fondements mêmes du Code Napoléon.

A l’heure où l’on débat de la transition énergétique (alors qu’il s’agit simplement de l’évolution du bouquet énergétique, car la transition nous la vivons quotidiennement depuis que nous sommes passés du bois au charbon, puis à l’hydraulique, au pétrole et au nucléaire), seule la mise en exploitation de nos ressources en gaz et huiles dits de schiste nous permettra dans les années qui viennent de réduire la part du nucléaire dans nos sources d’approvisionnement. Les hydrocarbures sont les seules ressources fiables (par rapport à l’intermittence des renouvelables), stockables et rentables.

Inconstitutionnelle ? Cette position l’est vraisemblablement ! La loi 2011-835 dite Loi Jacob votée le 13 juillet 2011 et publiée en catimini le jour de notre fête nationale prévoit la création d’une Commission de suivi dont le premier membre, Michel Teston, Sénateur socialiste de l’Ardèche vient d’être nommé par Jean-Pierre Bel, Président du Sénat. Il n’entre pas dans les prérogatives du Chef de l’Etat de retoquer cette loi et, plutôt que de la voir s’étrangler d’apoplexie à la pensée que ces hydrocarbures aient un jour droit de cité, nous suggérons à Madame Delphine Batho de changer de fonctions. Qu’importe si l’Energie se trouve privée de ses lumières (sic).

Après avoir prêché dans le vide pendant plus de deux ans pour défendre les gaz et les huiles dits de schiste, avoir été ignoré de la plus part des média et de l’ensemble de la classe politique, subi des sarcasmes et des dénigrements, nous constatons que de tous côtés des voix s’élèvent maintenant pour venir à leurs secours et nous confortent dans notre position première : évaluons-en le potentiel, modernisons le cadre d’exploitation, dépoussiérons le code minier et mieux, créons un code pétrolier et encadrons les travaux de normes acceptées et reconnues.
Ces voix, ce sont celles de personnalités politiques de tous bords, comme en témoignent les interventions de Michel Rocard et de François Fillon dans la presse, du MEDEF, de l’UFIP, de nombre de grands patrons, des journalistes toutes tendances confondues qui se faisaient hier encore l’écho sans scrupule des propos mensongers et infondés des José Bové, Nicolas Hulot, Eva Joly, Corinne Lepage, Noël Mamère ou encore Michèle Rivasi. Bref, tous ceux qui ont observé un mutisme assourdissant pendant la mandature de Nicolas Sarkozy et celle de François Hollande prennent enfin conscience de s’être trompés. Nous avons une pensée que l’on souhaiterait émue pour Christian Jacob et ses 269 collègues de l’UMP, géniteurs de la loi scélérate 2011-835 interdisant la fracturation hydraulique. Seigneur, pardonnez- leur leurs offenses mais la pêche aux voix électorales et le panurgisme les a sans doute aveuglés. Quant aux écologistes, « Notre Parent Numéro Un » qui êtes aux cieux, absolvez-les car ils ne savent pas ce dont ils parlent.

Nous ne savons pas s’il faut nous réjouir d’avoir enfin été entendus et d’avoir peut être contribué à ce changement d’opinion. Nous n’avons fait que dire notre vérité face aux contre-vérités que le documentaire Gasland a propagées à l’encan et dont le Président Hollande s’est fait le porte parole lors de la Conférence environnementale de la mi-octobre et de sa récente Conférence de Presse. Aujourd’hui, nous allons plus loin et réclamons de l’audace.

Car si vous changiez d’avis Monsieur le Président (seuls les imbéciles n’en changent pas) nous savons bien que ces vents favorables ne seront que le début de nouveaux combats passionnants :

  •  Combat contre certains membres de votre majorité, actuellement inféodés aux altermondialistes pour qui la régression est un signe de progrès. Ils ne veulent ni du nucléaire, ni des hydrocarbures fossiles et dissimulent mal sous le terme de « sobriété » un programme de décroissance et de pauvreté. Avec de pareils alliés, le Gouvernement n’a plus besoin d’adversaires, il a déjà sa cinquième colonne !
  • Combat contre les multiples collectifs qui se sont constitués à l’appel de José Bové et qui, sentant le vent tourner, brandissent déjà l’étendard de la révolte et l’on sait que la vox populi étant la vox dei il conviendra de se munir de rameaux d’olivier et de les agiter à bon escient. Car eux sont prêts à une mobilisation pas toujours très pacifique ni respectueuse des lois.

Toutefois il y a un combat que nous sommes prêts à mener avec vous, c’est celui de la croissance en devenir et de la lutte contre le chômage. La voie est on ne peut plus étroite compte tenu de la crise financière qui grippe l’économie mondiale. La croissance ne viendra pas d’elle-même : il convient de la provoquer, de retrouver l’inventivité de nos industries avec des idées neuves, venant de jeunes gens ayant l’âge de vos plus jeunes ministres. Ainsi, autoriser aujourd’hui la recherche des gaz et huiles dits de schiste serait un excellent moyen de mettre une soixantaine de sociétés pétrolières au travail avant même que l’encre ne sèche sur leurs contrats d’octroi de permis. Car si ces sociétés espèrent gagner de l’argent, il faut savoir qu’elles vont commencer par en dépenser beaucoup pour mener à bien les recherches parce que c’est ainsi que fonctionne le secteur pétrolier : dans la durée.

Tourner le dos à cette manne serait irrationnel alors qu’aujourd’hui même, nos amis anglais viennent de lever le moratoire sur l’exploitation par fracturation hydraulique des gaz dits de schiste : God save the british shale gas ! Le pragmatisme anglais anticipe sur la place que tiendra le gaz dans le bouquet énergétique du futur. Nous, nous ferons appel alors à davantage de gaz russe que Gazprom se réjouit à l’avance de nous fournir. Et ils ne sont pas les seuls à préférer une ressource naturelle : nos amis polonais disposent d’importantes ressources, comparables à celles de la France. Dans quelques années, nous demanderons aux plombiers polonais de nous envoyer du gaz dit de schiste qui, venant de chez eux, n’est pas polluant et n’a aucun effet de serre (sic) et, en prime, ils viendront l’installer dans nos usines et nos foyers faute de posséder nous-mêmes la technique pour le faire. Quel gâchis !

Autres temps autres mœurs, le Parti Socialiste n’a pas toujours été opposé à la recherche des hydrocarbures fossiles, bien loin s’en faut. Que l’on se rappelle Paul Ramadier, nommé sous secrétaire d’Etat aux Mines et aux Combustibles liquides du gouvernement de Front populaire en 1937 : il relança la recherche pétrolière en France. A son initiative fut créé le Centre de Recherches de Pétrole du Midi (CRPM) qui était alors chapeauté par l’Office National des Combustibles Liquides. Le CRPM fut à l’origine de la découverte du champ de gaz de Saint-Marcet, non loin de Saint-Gaudens, le 14 juillet 1939. Puis il participa à la création de la Régie Autonome des Pétroles (RAP) quelques mois plus tard et, en 1941, à celle de la Société Nationale des Pétroles d’Aquitaine (SNPA) dans laquelle l’Etat détenait une participation de 55%. Le 19 décembre 1951, la SNPA découvrit le champ de gaz de Lacq profond qui pendant 60 ans fut un des fleurons de l’industrie française et qui n’a peut être pas dit son dernier mot !

Voilà l’histoire d’une audace payante et réussie. En effet, l’incroyable gisement de 260 milliards de mètres cubes de gaz venait d’être découvert mais hélas, cette aubaine était enfouie profondément à plus de 3 000 mètres sous la surface. Pis, ce gaz était riche en CO² et en hydrogène sulfuré, produits extrêmement corrosifs qui mettaient à rude épreuve le matériel traditionnel. D’autres auraient jeté l’éponge, considérant que ce trésor était techniquement trop toxique et inexploitable. Mais le génie français n’a pas baissé les bras face à ce défi de taille ! On mit au point un acier spécial capable de résister aux gaz corrosifs, on inventa de nouvelles méthodes, on perfectionna les techniques, on automatisa et en 1955 on put produire du butane, du propane, du pétrole et du soufre. Près d’un tiers de la consommation nationale de gaz était produite sur le territoire national à partir des années 60, une indépendance énergétique dont on n’ose rêver aujourd’hui alors qu’ elle est peut-être possible. Une région autrefois agricole prenait son envol industriel, et des futurs champions de l’industrie naissaient : la Société nationale des pétroles d’Aquitaine (ancêtre d’Elf Aquitaine devenu Total depuis) les aciéries de Pompey et Vallourec.

Pourquoi n’autorise-t-on pas aujourd’hui un programme aussi ambitieux sur les hydrocarbures de schistes afin d’en récolter les fruits sur le long terme ? La réponse est simple : en 1955 il n’y avait pas d’écologistes et Jacques Chirac n’avait pas encore inventé le principe de précaution que l’on a dévoyé dès sa naissance pour en faire un principe d’inaction. Aurait-on eu les chemins de fer à vapeur à la fin du XIXème siècle avec leurs escarbilles qui « brûlent tout sur leur passage », les mines de houille avec les chevaux condamnés à vivre dans le noir en fond de mines et ces affreux terrils instables en surface, les barrages qui noient des régions entières, le nucléaire avec ses déchets radioactifs et plus récemment… les TGV et l’aéroport de Roissy ? Nous en serions restés au temps des diligences si les gouvernements d’alors s’étaient conduits comme ceux d’aujourd’hui. Le progrès ne nait pas de la génération spontanée, il faut créer les conditions de son apparition et l’encourager au lieu de l’entraver.

Entre-temps, devenu Premier Ministre en 1945, Paul Ramadier bouta les ministres communistes hors de son gouvernement car ils s’opposaient systématiquement à la ligne politique qu’il s’était fixée. L’histoire se répète, dit-on. A bon entendeur…

La fracture idéologique autour de la fracturation hydraulique

Le Président François Hollande continue à répéter mécaniquement le leitmotiv de ses alliés écologistes pour qui cette technique est le diable incarné: la fracturation hydraulique est une atteinte considérable à l’environnement. Et pourtant, les Français ont le droit inaliénable de savoir ce que contient leur sous-sol, c’est le fondement même du Code Napoléon!

Ironie intéressante, dans le même temps, un journal local du bassin parisien, le Pays Briard, a mené l’enquête auprès de l’Amicale des Foreurs et des Métiers du Pétrole (organisme indépendant, apolitique et asyndical) et du BEPH, le Bureau Exploration-Production des Hydrocarbures qui dépend du Ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie. Le BEPH est une instance publique que l’on peut difficilement prendre pour un lobby industriel, ces fameux lobbies qui empêchent Corinne Lepage de dormir.

Qu’y apprend-on ? Dans les années 1980 ainsi que dans les années 2000, la fissuration hydraulique était pratiquée couramment, dans la Brie, à Chaunoy, en Alsace, dans les Cévennes, en Ariège, dans les Pyrénées Orientales et en Camargue, sans que l’on ait constaté de fuites, de pollution de l’eau ni de l’air, ou de dégâts environnementaux: les paysages de ces superbes contrées n’ont pas été défigurés et la fréquentation touristique a partout augmentée. Qui soupçonnerait en effet que quelques 6000 puits ont déjà été forés en France dont 2500 environ dans le Bassin de Paris ? Où sont les stigmates tant annoncés ? Où sont les joyaux de notre patrimoine défigurés ? Où sont les cheptels décimés ? Où sont les glissements de terrain ?

Je vous propose de lire l’intégralité de ma tribune sur le Huffington Post qui a bien voulu la publier.