La fracture idéologique autour de la fracturation hydraulique

Le Président François Hollande continue à répéter mécaniquement le leitmotiv de ses alliés écologistes pour qui cette technique est le diable incarné: la fracturation hydraulique est une atteinte considérable à l’environnement. Et pourtant, les Français ont le droit inaliénable de savoir ce que contient leur sous-sol, c’est le fondement même du Code Napoléon!

Ironie intéressante, dans le même temps, un journal local du bassin parisien, le Pays Briard, a mené l’enquête auprès de l’Amicale des Foreurs et des Métiers du Pétrole (organisme indépendant, apolitique et asyndical) et du BEPH, le Bureau Exploration-Production des Hydrocarbures qui dépend du Ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie. Le BEPH est une instance publique que l’on peut difficilement prendre pour un lobby industriel, ces fameux lobbies qui empêchent Corinne Lepage de dormir.

Qu’y apprend-on ? Dans les années 1980 ainsi que dans les années 2000, la fissuration hydraulique était pratiquée couramment, dans la Brie, à Chaunoy, en Alsace, dans les Cévennes, en Ariège, dans les Pyrénées Orientales et en Camargue, sans que l’on ait constaté de fuites, de pollution de l’eau ni de l’air, ou de dégâts environnementaux: les paysages de ces superbes contrées n’ont pas été défigurés et la fréquentation touristique a partout augmentée. Qui soupçonnerait en effet que quelques 6000 puits ont déjà été forés en France dont 2500 environ dans le Bassin de Paris ? Où sont les stigmates tant annoncés ? Où sont les joyaux de notre patrimoine défigurés ? Où sont les cheptels décimés ? Où sont les glissements de terrain ?

Je vous propose de lire l’intégralité de ma tribune sur le Huffington Post qui a bien voulu la publier.

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Impliquez-vous ! Réponse au collectif Nimesantischiste, suite à ma lettre ouverte au Président de la République demeurée, elle, sans réponse

La lettre du collectif a retenu toute mon attention et je n’ai nullement l’intention d’entamer une polémique stérile. Mais enfin, pour « transmettre à ma descendance un environnement sain et agréable » moi aussi, je n’ai pas hésité un seul instant, en 1943, à franchir les Pyrénées à pied pour prendre les armes afin de chasser de Vichy la vermine qui s’y était installée. Nous n’y sommes pas tout à fait parvenu puisque, des années plus tard, les ors de la République en abritait encore.

N’en déplaise à mes détracteurs, depuis cette époque, je ne suis plus en service commandé et je suis libre comme l’air, à l’encontre de ce pauvre méthane qu’ils ne veulent pas libérer de la gangue qui l’entoure. Qu’ils se rassurent, je ne roule pour personne et, vu mon âge, c’est mon fauteuil qui roule pour moi. J’ajoute que depuis le décès de mon épouse survenu en 2002, je ne suis plus cornaqué par personne non plus.

Je pourrais réfuter point par point les arguments fallacieux avancés par le collectif : grandes quantités d’eau utilisées pour la fracturation, 500 produits cancérigènes injectés dans le sous-sol, pollution des nappes phréatiques, déplétion rapide des réserves de gaz alors que les études prospectives démontrent que leur production rémanente s’échelonnera ensuite sur plusieurs décennies, etc. Mais je l’ai fait si souvent à la radio, à la télévision, dans mes causeries sur ce blog et au cours d’autres interventions que je ne vois pas la nécessité d’en rabattre les oreilles de ceux qui veulent bien me lire.

Je dis aux membres du collectif qu’ils font fausse route, comme je l’ai dit aux collectifs et écologistes d’obédiences diverses qui sont venus me consulter.

La défense de l’environnement est une noble cause et toute l’agitation provoquée par le documentaire Gasland, qui ne concerne pas le gaz de schiste qu’on se le dise, a eu l’immense mérite d’obliger les pouvoirs publiques à modifier leur attitude. Il ne sert à rien de vouloir réécrire le Code Minier car c’est vouloir transformer une machine à écrire en ordinateur. Il faut maintenant rédiger un Code Pétrolier qui sera un code de bonne conduite (opératoire) à l’instar du Code de la Route.

Les écologistes ont un rôle constructif à jouer en participant à son élaboration aux côtés d’autres parties prenantes. Ils peuvent effectuer un utile travail de vigie en surveillant la bonne application des Règlements d’application. Il serait bon qu’ils soient représentés au sein des organismes de surveillance et de contrôle.

Tous ces points se discutent autour d’une table avec les autorités gouvernementales appropriées, en vue d’établir des cahiers des charges et non en défilant la fourche à la main pour crever les pneus des véhicules des sociétés détentrices de permis de recherche.

N’oublions pas que ces sociétés investissent leur argent et celui de leurs actionnaires (dont peut-être certains d’entre vous, sciemment ou à travers des Fonds Communs de Placement) tandis que toutes les autres formes d’énergie qui constituent le bouquet énergétique de notre pays font ou feront appel à l’argent des contribuables. C’est-à-dire à vos deniers. Ce qui n’empêche que la ménagère paiera son énergie de plus en plus cher, à moins qu’un jour le gaz de schiste ne vienne diminuer la note. La participation populaire à l’actionnariat des sociétés de recherche et la régulation du prix du gaz qui viendrait à être découvert un jour pourraient constituer deux chapitres du futur Code Pétrolier à la rédaction desquels vous pourriez exiger de participer.

Si Stéphane Hessel nous enjoignait candidement à nous indigner, j’aurai tendance à pousser un autre cri d’encouragement, plus responsable : impliquez-vous !

 

Je ne voudrais pas terminer ce billet sans vous poser une question. Depuis deux ans que vous exprimez votre désarroi, savez-vous combien de personnes sont mortes, aux Etats Unis, d’une overdose ? Combien sont mortes d’un excès d’alcool ? Combien sont mortes à la suite d’un accident de la route ? Non ? J’ai un chiffre à mettre en regard. Combien sont mortes par suite des méfaits du gaz de schiste ?

ZERO !