La fracture idéologique autour de la fracturation hydraulique

Le Président François Hollande continue à répéter mécaniquement le leitmotiv de ses alliés écologistes pour qui cette technique est le diable incarné: la fracturation hydraulique est une atteinte considérable à l’environnement. Et pourtant, les Français ont le droit inaliénable de savoir ce que contient leur sous-sol, c’est le fondement même du Code Napoléon!

Ironie intéressante, dans le même temps, un journal local du bassin parisien, le Pays Briard, a mené l’enquête auprès de l’Amicale des Foreurs et des Métiers du Pétrole (organisme indépendant, apolitique et asyndical) et du BEPH, le Bureau Exploration-Production des Hydrocarbures qui dépend du Ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie. Le BEPH est une instance publique que l’on peut difficilement prendre pour un lobby industriel, ces fameux lobbies qui empêchent Corinne Lepage de dormir.

Qu’y apprend-on ? Dans les années 1980 ainsi que dans les années 2000, la fissuration hydraulique était pratiquée couramment, dans la Brie, à Chaunoy, en Alsace, dans les Cévennes, en Ariège, dans les Pyrénées Orientales et en Camargue, sans que l’on ait constaté de fuites, de pollution de l’eau ni de l’air, ou de dégâts environnementaux: les paysages de ces superbes contrées n’ont pas été défigurés et la fréquentation touristique a partout augmentée. Qui soupçonnerait en effet que quelques 6000 puits ont déjà été forés en France dont 2500 environ dans le Bassin de Paris ? Où sont les stigmates tant annoncés ? Où sont les joyaux de notre patrimoine défigurés ? Où sont les cheptels décimés ? Où sont les glissements de terrain ?

Je vous propose de lire l’intégralité de ma tribune sur le Huffington Post qui a bien voulu la publier.

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Le Phare d’Alexandrie

Bâti à la pointe de l’île de Pharos, à l’emplacement de l’actuel fort Qaitbay, le phare d’Alexandrie est considéré comme la dernière des sept merveilles du monde. Construit au 4ème siècle avant notre ère à l’initiative de Ptolémée 1er  et terminé 15 ans plus tard sous le règne de son fils, Ptolémée II, il avait pour but de servir de guide aux marins qui longeaient la côte égyptienne et il remplit ce rôle à merveille pendant quelques 17 siècles.

Les tremblements de terre qui ont ébranlé cette région entre le IVe siècle avant Jésus Christ et le XIVe siècle après sa mort l’ont considérablement endommagé et présidèrent à son effondrement en 1303. Ce n’est qu’en 1960 qu’un plongeur archéologue retrouva sa trace au fond de l’eau tandis que l’UNESCO ne  publia le premier article scientifique sur ce site antique qu’en 1975.

Sur les 22 recommandations que comporte le rapport Gallois, quelques unes sont des mesures phares. Il est consultable dans son intégralité sur le site du Gouvernement. Pour ce qui nous concerne, la 5ème recommandation suggère de «  poursuivre la recherche sur les techniques d’exploitation des gaz de schiste ». Cette mesure qu’il est insensée d’ignorer provoqua un véritable séisme dans les rangs de la majorité et, bien que Monsieur Jean-Marc Ayrault ait clamé haut et fort que toutes les recommandations du rapport Gallois seraient appliquées, celle-ci fut repoussée par notre président en parfaite méconnaissance de cause mais avec l’approbation des élus EELV : elle risque donc de connaitre le sort du phare d’Alexandrie sans même avoir brillé ne serait-ce que quelques minutes.

Et pourtant, la proposition de Monsieur Gallois n’était qu’une « mesurette », consistant en quelle que sorte à réinventer la roue puisque qu’à ce jour près de 2 millions de fracturations hydrauliques ont été effectuées de par le monde, dont 5 à 600 000 l’ont été aux Etats-Unis au cours des 10 dernières années et seules 80 environ en France pendant le même laps de temps.

Quant à la 20ème recommandation du rapport Gallois, elle préconisait de « donner au CGI la mission de porter 3 priorités techniques dont la transition énergétique… » mais, au fait, qu’est-ce que la transition énergétique ? S’il s’agit de l’évolution du bouquet énergétique au cours des décennies prochaines, nous tenons à rassurer nos lecteurs, n’en déplaise à Monsieur Hollande et à son aréopage d’écologistes ministrés et ministrables, pétrole et gaz ont un rôle croissant à tenir pour soutenir notre industrie pétrochimique, l’un des plus beaux fleurons de notre économie. A moins que, sous l’emprise des Delphine B…o, José B..é, Nicolas H…t Corinne L…… et autres « spécialistes » des problèmes énergétiques il ne consente à la sacrifier, elle aussi.

Après les déclarations que viennent de  faire Messieurs Rocard et Fillon nous sommes toutefois rassurés car, en France ; nous avons un dicton selon lequel « seuls les imbéciles ne changent pas d’opinion ». Et nous ne pensons pas nous tromper en disant que François Hollande n’est pas un imbécile.

Enfin un cadre européen commun pour l’exploitation des hydrocarbures de gisements non conventionnels

Le commissaire européen à l’Energie, Günther Oettinger a souhaité, dans un discours prononcé à Wroclaw, en Pologne, lors d’une réunion du Parti Populaire Européen (PPE), l’instauration de normes communes pour l’exploitation de gaz de schiste dans l’ensemble des pays de l’Union Européenne. « Je pense que les gaz non conventionnels ont besoin d’un haut niveau d’acceptation. Nous devons avoir de hautes exigences en matière de sécurité et de normes environnementales » a-t’il notamment déclaré.

Il était temps que, sous la férule polonaise, les Européens se mettent d’accord pour obliger chaque Etat membre à déterminer la richesse de son sous-sol en gaz et huiles de schiste ainsi qu’en gaz de réservoirs compacts, techniquement et économiquement récupérables, dans le respect des lois et des règlements en vigueur et de ceux qui viendraient à être crées. Car il devient urgent que l’Union Européenne, dans son ensemble, trouve des solutions pour réduire sa facture pétrolière. En effet, ces importations d’hydrocarbures extérieures à l’UE portent atteinte à la parité de l’Euro par rapport aux autres monnaies de référence et contribuent à renchérir le coût de la vie.

Aujourd’hui, la France fait cavalier seul en Europe et se place dans une posture rétrograde avec la loi N° 2011-835 du 13 juillet dernier dite loi Jacob, paradoxale et en toute vraisemblance inconstitutionnelle, qui paralyse tout projet et que l’Assemblée Nationale a voté à la hâte, sous la pression des écologistes radicaux avec lesquels je demeure prêt à discuter. Légiférer sans réguler, quelle curieuse manière de procéder, quand bien même une élection se profile-t-elle à l’horizon !

La France traîne également des pieds : le rapport de la mission gouvernementale, qui devait être remis le 31 mai dernier et dont l’Assemblée Nationale a fait fi, a été repoussé au 31 décembre 2011 avec un second rapport d’étape prévu entre temps à une date qui n’est pas encore fixée, puisque la mission s’est vue reconduite dans ses travaux par le Premier Ministre.

De leur côté, la Hongrie, le Royaume-Uni, l’Allemagne , l’Autriche et d’autres pays de l’Union laissent les expérimentations et les explorations se poursuivre dans la sérénité avant de prendre des décisions.

La Pologne, où le Commissaire Oettinger a prononcé son discours, montre l’exemple. Elle dépend aujourd’hui à 40 % des importations de gaz russe, mais dispose de gigantesques réserves de gaz de schiste, enfouies dans une diagonale de près de 650 kilomètres qui court depuis la Baltique jusqu’à sa frontière avec le Belarus. Ces réserves, dont plusieurs forages verticaux et horizontaux assortis de fracturation hydraulique ont prouvé l’existence, sont les plus importantes de l’Union Européenne. Elles ont été évaluées par l’Agence américaine d’information énergétique (EIA) à 5 300 milliards de mètres cubes, soit l’équivalent d’un à deux siècles de consommation domestique !

De plus, l’épuisement progressif de son charbon obligeant la Pologne à choisir de nouvelles sources d’énergie de remplacement, les gaz de schiste constituent une composante importante de la réponse au mix énergétique à trouver. La production d’hydrocarbures de gisements non conventionnels polonais n’a pas encore commencé mais la prospection est largement avancée et la Pologne devrait pouvoir retirer d’ici une décennie, tant sur le plan financier que sur celui de l’indépendance énergétique, les bénéfices de cette richesse enfouie sous son sol.

Il serait ridicule qu’à l’heure des choix d’un nouveau mix énergétique, la France refuse sans autre motif qu’une crainte irraisonnée, propagée par un documentaire qui ne concerne pas même le gaz de schiste mais dont certains parlementaires et les mouvements écologiques ont fait leur bréviaire, d’exploiter ses richesses naturelles. Car dans le même temps, grâce au marché commun, nous pourrions être amenés à acheter… du gaz de schiste polonais. Ce serait en quelque sorte la réponse du « plombier polonais » à la bergère hexagonale.

Quelle hypocrisie ! Et surtout quel gâchis…

J’espère que le sujet, porté à l’échelle européenne, connaîtra un encadrement digne de ce nom qui fournira de la visibilité à tous les acteurs, des professionnels des hydrocarbures aux riverains des zones exploitées en passant par nos élus.

Il ne s’agit pas, comme d’aucuns en brandissent la menace, d’un laisser-faire général, mais bel et bien de poser des conditions d’exploitation qui garantiront à la fois une sécurité maximale dans le respect le plus scrupuleux de l’environnement, un contrôle strict par des autorités indépendantes, une information transparente sur les activités en cours, et bien entendu une redistribution des revenus qui profitera aux collectivités territoriales et aux propriétaires terriens dont les sous-sols sont exploités.

Je suis tout à fait d’accord avec le Commissaire Oettinger lorsqu’il affirme que « la meilleure façon de procéder est d’européaniser les standards ». L’Europe est sans doute le meilleur garant d’une politique d’exploration raisonnable et bien encadrée de ces hydrocarbures de gisements non conventionnels.