Brisons les idées reçues sur les hydrocarbures de schiste

Nous pensions que lors de la conférence environnementale qui se tenait au Palais d’Iéna jusqu’à samedi et dans un contexte où la France recherche des moyens de croissance et des relais de compétitivité, une énergie domestique, abondante et à bas prix aurait retenu l’attention du gouvernement : à savoir les hydrocarbures dits de schiste. Que nenni ! Si l’on croit au Père Noël, la courbe du chômage s’inversera tout de même contre vents et marées dans les 360 jours à venir avec l’aide du Saint Esprit sans doute à défaut d’un esprit sain. Le Président Hollande, mettant ses pas dans ceux de Nicolas Sarkozy, a fait un copié-collé dont la France aura beaucoup de mal à se relever.

Après cette conférence, qu’il nous soit permis de briser plusieurs idées reçues sur ces hydrocarbures. Tandis que l’on s’interroge sur le bouquet énergétique français du futur, les hydrocarbures de schiste mobilisent l’attention mais font l’objet d’idées fausses et tendancieuses qui sont dommageables au débat. Il n’est que temps de rappeler les faits pour que chacun puisse comprendre les enjeux des choix à venir.

Je vous propose de lire la suite sur le Huffington Post qui a bien voulu publier ma tribune.

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Que sont les hydrocarbures de schiste ?

A  l’approche de la conférence environnementale qui doit se tenir au Palais d’Iéna les 14 et 15 septembre prochains et dans un contexte où la France recherche des moyens de croissance et des relais de compétitivité, une énergie domestique, abondante et à bas prix, mériterait de retenir l’attention du gouvernement : les hydrocarbures dits de schiste.

Permettez nous de vous livrer ici une définition quelque peu savante pour que chacun comprenne bien ce que l’on entend quand on parle d’hydrocarbures de schiste.

D’aucuns considèrent le gaz et les huiles de schiste comme des hydrocarbures non conventionnels. Le vocable « hydrocarbures non conventionnels (HNC) » est un terme générique qui désigne à la fois le gaz de schiste dit de « roche mère », le gaz de réservoir compact (tight gas), le gaz de houille (coal bed methane ou CBM), le gaz de mine de charbon (coal mine methane ou CMM), qu’il s’agisse d’une mine en activité (virgin coal bed methane ou VCBM) ou d’une mine abandonnée (abandoned mine methane ou AMM) ou encore les hydrates de gaz que l’on appelle communément hydrates de méthane gazeux (methane gas hydrates ou MGH) ou encore clathrates.

De fait ces termes constituent un triple abus de langage. D’une part les gaz et huiles que l’on rencontre dans l’écorce terrestre proviennent tous d’une roche mère (source rock) et d’autre part il n’y a rien d’atypique au sujet du gaz lui-même qui est du méthane thermogénique (CH4) avec des traces d’homologues supérieurs tels que l’éthane (C2H6), le propane (C3H8), le butane (C4H10), le pentane (C5H12), l’hexane(C6H14), l’heptane (C7H16) et de petites quantités de dioxyde de carbone (CO2), de dioxyde de soufre (SO2), d’hydrogène sulfuré (H2S), d’hélium (He), d’azote (N2), de mercure (Hg) et d’argon (Ar) selon les cas. Enfin, le terme même de schiste est impropre car il s’agit de pélite, c’est-à-dire d’une « boue séchée » que les Anglo-saxons appellent shale ou mudstone.

Les uns disent que c’est le réservoir qui contient le gaz qui n’est pas conventionnel et d’autres que c’est la technologie utilisée pour le produire qui ne l’est pas. L’absence de consensus sur ce sujet entretient un flou que chacun exploite à son avantage.

Ce « schiste » qui combine les propriétés d’être à la fois « roche mère » et « roche réservoir » n’est donc qu’une argile indurée qui a débuté sa vie « géologique » comme vase marine ou lacustre. On commence le plus souvent par patauger dans la vase lorsque l’on va se baigner dans la mer ou dans l’eau des rivières et des lacs! Au fil des ans, cette vase a servi de réceptacle aux débris de la faune aquatique qui peuple les océans, les rivières et les lacs (poissons, mollusques, mammifères marins, plancton,… etc.) ainsi qu’aux débris des végétaux qui les bordent (mangroves, roseaux, pandanus, spores, bactéries… etc.), puis elle s’est enfouie à des profondeurs de plus en plus grandes, tandis que les débris organiques d’origine animale ou végétale qu’elle renferme, sous l’effet de pressions et de températures croissantes, se sont petit à petit transformés, en milieu anaérobique, en sapropel ou proto-pétrole, c’est-à-dire en une sorte de gelée visqueuse qui a donné naissance aux kérogènes de type I, II ou III à l’origine de tous les hydrocarbures.

Une fois durcie, cette argile retient par adsorption l’huile et le gaz qui se sont formés. Néanmoins, au cours des temps géologiques et pour diverses raisons, il lui arrive de laisser échapper des gouttelettes d’huile et des bulles de gaz qui viennent se piéger dans les premiers niveaux poreux sus-jacents formant ainsi des gisements de pétrole ou de gaz dits gisements conventionnels. En l’absence de « pièges » stratigraphiques (anticlinaux, biseaux, changements de faciès) ou tectoniques (failles, blocs faillés, plissements divers) qui permettent aux gisements de se créer, huiles et gaz migrent vers la surface et contribuent ainsi à former les « indices de surface ».

A titre indicatif, il doit exister de par le monde entre 100 000 et 200 000 gisements d’huile et de gaz, dont seuls 30 000 à 50 000 sont actuellement rentables. Mais on ne connait guère à ce jour qu’une dizaine de milliers d’indices de surface, dont trois mille environ ont été identifiés en mer.

Réflexion de géologue : et si l’on avait tout faux ?

Ce n’est qu’une hypothèse, bien sûr, mais si elle devait se confirmer, la face du monde s’en trouverait changée et la géopolitique de l’énergie le serait aussi.

Nous considérons ces gisements soi-disant conventionnels comme des avatars ou des dépôts secondaires témoignant de la présence, en profondeur, d’une roche mère, laquelle est le véritable gisement conventionnel. Dans bien des cas, après avoir trouvé un gisement d’huile ou de gaz, foreurs et géologues, trop heureux de l’avoir découvert, s’emploient à le mettre en production sans se soucier d’aller plus bas, à la recherche de cette roche mère dont le potentiel demeure ainsi quasiment intact ou presque. Ce pourrait être le cas du gisement de Lacq en particulier.

Si l’on considère que les océans couvrent 70,8% de la surface du globe, soit 361 132 000 km² et que les 148 940 000 km² restants contiennent de nombreux lacs et rivières, il va sans dire que ce « schiste », cette argile indurée, sont extrêmement abondants de par le monde. En l’absence d’études approfondies, il n’est pas possible de dire aujourd’hui qu’elle est la superficie des « sweet spots », ces zones privilégiées dans lesquelles le T.O.C (Carbone organique total) est égal ou supérieur à 3% du volume de la roche et qui constituent un environnement favorable à la présence de gisements d’hydrocarbures dits de schiste . A terre, dans les gisements connus tels ceux d’Eagle Ford, Barnett, Marcellus et Bakken aux Etats Unis, on constate que dans les « sweet spots », un mètre cube de roche peut contenir 20 mètres cubes de gaz aux conditions ambiantes de température et de pression, soit 20°C et 1 atmosphère.

Nous nous abstiendrons d’avancer le moindre chiffre de réserves mais nous dirons simplement qu’elles doivent être énormes et dépasser de loin les besoins de la population mondiale actuelle pour plusieurs centaines d’années à venir. Quant aux hydrates de méthane leurs réserves sont sans doute mille fois plus importantes encore, mais la technologie nous fait défaut pour le moment bien que des essais de mise en production viennent d’être effectués au large des côtes du Japon.

Ce panorama à la fois descriptif et prospectif devrait permettre désormais à chacun de savoir ce dont on parle quand on parle de gaz et d’huiles de schistes et quels sont les enjeux auxquels nous sommes confrontés.

Ne cachons pas plus longtemps la bonne du curé

La France court à la ruine… en chantant.

Il nous aurait fallu un Colbert aux Finances mais nous avons hérité d’un John Law.

Ce n’est pas la première fois de son histoire que notre pays se retrouve avec des caisses vides mais il s’en est toujours sorti : Le Plan Marshall à l’issue de la deuxième Guerre Mondiale est venu à notre secours, les compensations allemandes à la fin de la Première nous ont beaucoup aidés, les cinq millions-or des Rothchild en 1871 ont chassé l’occupant, la vente de la Louisiane avec ses BMC a épongé les dettes de Napoléon… j’arrête ici pour ne pas être accusé de vouloir plagier Prévert. Mais aujourd’hui, qui va nous tirer du pétrin ?

Lorsque j’ai écrit mon antépénultième blog, notre dette souveraine se montait à quelques 1 785 milliards d’Euros mais, si tant est que notre présent gouvernement a dépensé 20 milliards depuis sa mise en place, nous aurions dépassé aujourd’hui les 1 800 milliards ! C’est une sacré somme, pour moi qui raisonne toujours en anciens francs.

Notre facture pétrolière n’est pas étrangère à la banqueroute qui s’annonce : de 46 milliards en 2010, elle est passée à 65 milliards en 2011 et caracole allègrement vers 70 milliards cette année. Qu’attendons -nous pour développer l’usage du Vélib ? A baisser d’autorité le prix du carburant, fut-ce aussi symbolique que de quelques centimes, pour apaiser les esprits, le gouvernement avoue à demi-mots que nous ne remplaceront pas les hydrocarbures.

A moins que… à moins que nous ne nous penchions sur l’existence du gaz de schiste et de l’huile de schiste, que nous avons tenus secrets jusqu’alors comme ce bon Monsieur l’Abbé qui n’osait pas révéler sa passion pour sa bonne. Ce trésor national, que l’on a longtemps cru inexploitable, nous tend désormais les bras ! Il suffit d’explorer notre sous-sol, et au regard de l’envolée des cours du brut, le moment ne saurait être mieux choisi. En cette rentrée décidément bien agitée, nous devrions tous nous réjouir de cette bonne nouvelle.

Avec 2,5% des voix des votants aux dernières élections législatives, les écologistes ne constituent plus qu’un obstacle virtuel assez facile à surmonter. Il suffirait pour cela que Manuelo V. veuille bien siffler la fin de la partie et que l’on boute hors du gouvernement la dame qui parle vite et trop, ou trop et vite, et qu’on laisse les géologues faire leur métier, c’est-à-dire l’ inventaire des ressources de notre sous-sol.

Si Madame de Maintenant voulait bien s’atteler à la tâche en lançant quelques tweets à bon escient, et parvenait à convaincre le tenant du titre, elle mériterait tout à fait sa place de First Lady.

Après 30 ans de bons et loyaux services, le curé de ma paroisse vient de prendre sa retraite et vit enfin au grand jour une vie maritale avec celle qui a tenu…son ménage pendant son long sacerdoce. Est-ce un prélude à ce qui nous attend ?

Tout va bien qui finit bien.