Un quadriptyque atypique : leçons de duplicité

Certains de mes lecteurs qui ne m’aiment pas souhaitent me voir disparaître rapidement. Je suis flatté de l’attention qu’ils me portent et, compte tenu de mon âge avancé, cela ne saurait trop tarder, mais je ne suis pas particulièrement pressé. Je n’en adresse pas moins mes meilleurs vœux de santé à tous mes lecteurs.

Y-aurait-il deux poids, deux mesures dans la politique française des hydrocarbures, si tant est que nous ayons une telle politique ? Je pense notamment à ce qui concerne la fracturation hydraulique, que je préfère appeler fissuration ou stimulation car « fracturation » me fait penser à Jo-les-gros-bras dont la spécialité est d’ouvrir les coffre-fort de ceux qui en ont perdu la combinaison, ou la clé, ou les deux à la fois. Certes, un journaliste du Monde ironise sur la question de sémantique, mais dans un débat aussi chargé d’émotion et d’irrationnel que celui des hydrocarbures de schiste, cela ne prête même pas à sourire bien que j’eusse préféré l’entendre parler du « ramassage » de la roche-mère si je puis m’exprimer ainsi.

Bref, malgré l’alternance qui s’est produite en mai dernier, la France continue de déployer dans son discours et dans ses actes une duplicité qui se fait chaque jour plus flagrante et je me demande comment il est possible qu’elle ne ternisse pas durablement la position française qui est proprement schizophrénique comme je le répète inlassablement. Voici un cas d’école en quatre actes que je vous propose d’étudier. Je n’en avais que trois au moment de sa rédaction, mais faute de l’avoir publié en son temps, ce triptyque est devenu un quadriptyque comme dirait Ségolène Royal.

  • ACTE 1

En septembre 2011, trois ministres du précédent gouvernement se félicitaient de la découverte en eaux profondes d’un gisement d’hydrocarbures au large de la Guyane (baptisé Zaedyus), une découverte qui confirmait la théorie des champs jumeaux bien connue des géologues. Il s’agissait de Nathalie Kosciusko-Morizet (Environnement), Eric Besson (Industrie et Energie) et Marie-Luce Penchard (Outre-Mer). Hourra ! L’heure était à l’enthousiasme et à l’espoir de redonner vie à un département en manque d’emplois et de ressources… alors même que les richesses du sous-sol métropolitain étaient mises sous cloche par l’interdiction de pratiquer la fracturation hydraulique pour exploiter les hydrocarbures de schiste qui s’y trouvent. Ne cherchez pas la logique car il n’y en pas. Je m’en étais moi-même offusqué à l’époque.

  • ACTE 2

L’éphémère Ministre de l’Ecologie et du Développement Durable, Nicole Bricq, farouche opposante aux hydrocarbures de toute sorte et ennemie déclarée de la fracturation hydraulique sous quelque forme que ce soit, dans un arrêté fait de bric et de broc, décide unilatéralement de mettre un terme à la campagne de forage du consortium Shell / Tullow / Total. Fort heureusement, elle est relevée de ses fonctions en trois coups d’écuyer à Pau et se trouve, overnight comme disent les Anglo-saxons, propulsée au poste de Ministre du Commerce Extérieur. Une sorte de promotion punition.

Dans son nouveau poste, lors d’un marathon en Algérie pour promouvoir le savoir-faire industriel tricolore, voilà qu’elle devient le héraut de la fracturation hydraulique à la française. Pincez-moi, je rêve ! Et pourtant, si l’on en croit le journal Libération, elle se serait fait l’introductrice auprès de la grande compagnie pétrolière et gazière nationale algérienne, Sonatrach, de la société Saltel Industries, du Rheu près de Rennes, inventeur d’un packer (*) métallique gonflable permettant une meilleure étanchéité des perforations réalisées dans les puits lors d’opérations de fracturation hydraulique.

Que faut- il en déduire ? Est-ce un mauvais tour que nous jouons aux Algériens ? Nicole Bricq a-t-elle mis un mouchoir sur ses convictions, les a-t-elle reniées fissa, ou bien celles-ci n’étaient-elles qu’ évanescentes ?

  • ACTE 3

Le Point s’est fait l’écho de confidences du Ministre des Affaires Etrangères, Laurent Fabius, avant que ne débute la visite officielle et très attendue du Président François Hollande à Alger pour y faire SA repentance comme d’autres font pénitence à Canossa. Dans ses propos, nous relevons une information capitale : la France et l’Algérie vont prochainement signer un accord permettant des recherches françaises sur le territoire algérien… dans le domaine de l’exploitation des gaz de schiste. Tiens donc !

L ’Algérie est un pays riche en hydrocarbures, c’est même le quatrième exportateur mondial de gaz. Partenaire commercial de la France, l’Algérie représente 15% de nos importations de gaz naturel et un peu plus d’1% de nos importations de pétrole. Mais le pays mise excessivement sur les hydrocarbures pour son développement (le gaz représente 90% de ses recettes extérieures), sa consommation explose sous la pression démographique et ses réserves s’épuisent lentement. Or l’Algérie possèderait près de 17 000 milliards de mètres cubes de ce gaz honni en France, soit quatre fois plus que ses réserves de gaz conventionnel. On comprend que le pays cherche à exploiter cette ressource, toutefois il faut commencer par l’évaluer avec une précision relative et j’imagine la légitime fierté que la France ne manquera pas de tirer de la confiance qui lui est accordée.

Mais alors, si ce partenariat est une si bonne nouvelle, qu’attendons nous pour mener des essais sur le territoire national, profitant de l’occasion pour acquérir un avantage technologique que nous pourrions utilement exporter ? Nous attendons peut-être que les Algériens maitrisent la technologie pour venir faire des recherches sur notre territoire, partant du principe de réciprocité ? Pour paraphraser un amoureux de la logique, le regretté Blaise Pascal, nous dirons en inversant la phrase comme dans certains mots croisés : vérité au-delà de la Méditerranée, erreur en deçà.

  • ACTE 4

Nous arrivons maintenant au dénouement, tout aussi absurde que les précédents actes. La Ministre de l’Ecologie, du développement durable (sic) et de l’énergie, Delphine Batho, s’est empressée de démentir la confidence prometteuse de Laurent Fabius à propos des projets de collaboration entre la France et l’Algérie. S’agit-il d’un simple dérapage ? Que nenni, comme le conclut le Point, Laurent Fabius n’est pas le perdreau de l’année et on aurait du mal à croire à une imprudence de sa part. Tout penche en faveur d’un rétropédalage en règle, pour des raisons que tout le monde ignore une fois encore. Mais que seule Madame Batho connait.

 

Entre ceux qui changent d’avis et ceux qui se contredisent, difficile de trouver une quelconque logique dans la position de la France. Espérons que le débat national sur la transition énergétique permettra de mieux la définir.

 

(*) Un packer classique est un bouchon gonflable en caoutchouc synthétique que l’on descend dans un trou de forage pour faire une ou plusieurs obturation(s) provisoire(s).

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Les 12 mythes qui entourent l’exploitation des gaz de schiste

Mon ami Nick Grealy (guru@nohotair.co.uk et http://www.nohotair.co.uk) a répertorié les 12 mythes les plus fréquents que les détracteurs des gaz et huiles dits de schiste répètent à l’envi. Je me fais un plaisir de vous les présenter ci-après. Je me suis permis d’y ajouter quelques remarques personnelles et je me dois d’avouer que pour certains d’entre eux je ne partage pas tout à fait son opinion.

 

Mythe n°1 : l’eau de mon robinet s’enflamme 

  • Quiconque a vu le documentaire de Josh FOX et, pire encore, ceux qui ne l’ont pas vu mais en ont entendu parler, ont été les témoins directs ou indirects de l’instant où Mike Markham allume l’eau de son robinet à l’aide d’un briquet.
  • La présence de méthane dans l’eau est inhabituelle, certes, mais à dire vrai c’est un phénomène connu et parfaitement documenté. La fontaine d’huile de Resclauze (la foun de l’oli) dans l’Hérault est connue depuis plus de 5 000 ans parait-il puisqu’il en serait fait mention dans l’Ancien Testament. Toujours dans l’Hérault, au voisinage de Gabian, des bulles de gaz ont été observées pour la première fois dans la rivière Thongue en 1605. En Pennsylvanie, une enquête récente vient d’établir que l’existence de ce phénomène est connue depuis 200 ans au moins. Au Canada, du gaz a été noté dans la Bow River en Alberta dès 1973. Il en va de même au Tennessee où de l’eau en flamme a été observée en 1987 et, à Dimock en Pennsylvanie, on continue de nos jours à faire flamber l’eau de la rivière. Dans le Marais poitevin, après avoir embarqué à Coulon, le marinier s’immobilise à quelques encablures du rivage, remue le fond de l’étang avec sa perche et allume à la surface de l’eau le gaz qui s’échappe.

 

Mythe n°2 : le gaz de schiste va empoisonner l’eau potable

  • Remarquons tout d’abord que plus de 99% des Européens achètent leur eau potable à une société publique de distribution d’eau comme Veolia, la Lyonnaise des Eaux ou la SETDN, en France et que les puits privés qui sont au centre de la controverse aux États-Unis sont extrêmement rares en Europe. Les réseaux publiques de distribution d’eau sont étroitement surveillés et soumis à de fréquentes analyses.
  • Les sociétés de distribution d’eau s’approvisionnent dans les fleuves, les rivières et les lacs et puisent rarement leur eau dans des captages souterrains, lesquels sont également étroitement surveillés. Même les plus fervents détracteurs des gaz dits de schiste ne se sont encore jamais aventurés à dire que la fracturation hydraulique ait contaminé un réseau publique de distribution d’eau. Il y a peut-être là une piste pour les José Bové, Noël Mamère et consorts tels cet éminent toxicologue André P…. qui hante les forums consacrés aux gaz dits de schistes pour y déverser sa prose et accuser ses opposants d’être les propagateurs de tous les cancers de la Terre.
  • La roche mère se situe à des profondeurs de l’ordre de 1 500 à 5 000 mètres (De fait on la rencontre à une profondeur moyenne de 2 000 à 3 000 mètres) tandis que les aquifères dont on tire l’eau pour abreuver les populations se trouvent entre 100 et 300 mètres et il est tout aussi impossible que le fluide de fracturation puisse remonter vers la surface qu’il est impossible pour un ruisseau naissant de s’écouler à contre pente.
  • Le Conseil américain de la protection des eaux du sous-sol (US Ground Water Protection Council), un groupe de régulateurs des réseaux publics de distribution d’eau de plusieurs Etats américains a déclaré, qu’à sa connaissance, il n’existait aucun cas de contamination d’un aquifère par un fluide de fracturation.

 

Mythe n°3 : l’essor du gaz de schiste empêche le développement d’une technologie alternative

  • Investir les économies résultant de l’exploitation du gaz de schiste dans la recherche et le développement de la prochaine génération d’énergies alternatives à basse teneur en carbone offre une opportunité de promouvoir ces énergies d’une manière continuelle.
  • Le gaz naturel peut aider au développement du solaire et de l’éolien en mettant à leur disposition un soutien fiable, modulé et à bas prix durant les heures de nuit et en l’absence de vent.

 

Mythe n°4 : les foreurs essaieront toujours d’économiser le l’argent en court-circuitant les règlementations qui protègent l’eau 

  • Les coûts additionnels qu’entraine la protection des aquifères ne sont qu’une infime fraction du coût total d’un forage (voisin de plus de £8millions).
  • La pollution des eaux potables entrainerait des amendes substantielles, des dommages civils ainsi qu’une perte de réputation, voire l’annulation du ou des permis et l’impact serait bien supérieur aux économies réalisées.
  • Le ciment de la meilleure qualité possible qui est utilisé pour cimenter les tubages a un autre but que de protéger les aquifères d’une contamination éventuelle. Ce but est d’empêcher le gaz qui se trouve dans le puits d’être contaminé par l’eau de l’aquifère. Mélanger gaz et eau dans un forage est bien plus dangereux et plus onéreux à remédier que sauver quelques milliers de dollars sur une cimentation de tubage.

 

Mythe n°5 : les fluides de fracturation hydraulique contiennent plus de 500 produits dangereux

  • Les fluide de fracturation contient généralement moins de dix produits chimiques. Dans l’exemple de Cuadrilla Resources en Angleterre, ils étaient au nombre de trois.
  • Les foreurs sont incités à utiliser le moins de fluide possible pour réduire les coûts et restreindre les risques environnementaux.
  • La plupart de ces produits chimiques se retrouvent sous votre évier et à des concentrations plus élevées dans les divers nettoyants domestiques. L’un d’eux est utilisé dans le rouge à lèvres et dans la solution utilisée pour nettoyer les verres de contact (acide scorbique). Un autre entre dans la fabrication des récipients en plastique (polypropilène). Mais le produit chimique le plus souvent utilisé à l’état pratiquement pur est l’acide chlorhydrique qui provoque l’acidité stomacale chez les êtres humains.
  • Le fluide de fracturation est composé à 99,85% d’eau et de sable. Il fait office de produit de soutènement pour permettre au gaz de « schiste » de s’écouler dans le puits et de remonter à la surface. Les produits chimiques sont nécessaires pour assurer la bonne marche de l’opération mais ils coûtent plus cher que l’eau et le sable, ce qui incite les foreurs à restreindre leur emploi.

 

Mythe n°6 : les produits chimiques utilisés lors de la fracturation hydrauliques sont secrets

  • En Europe, le contenu du fluide de fracturation est 100% visible du fait des règlements locaux existants et des directives issues par l’Agence Chimique
    Européenne (European Chemical Agency ou ECHA) dont la directive R.E.A.C.H.
  • Aux Etats Unis on tend vers une transparence totale par le biais de sites comme http://www.fracfocus.org.

 

Mythe n°7 : l’eau qui reflue des gueules de puits est contaminée et est rejetée dans les rivières, les ruisseaux et les circuits d’eau potable

  • A l’inverse des Etats Unis, en Europe, l’eau de refoulement est traitée et réutilisée dans un autre forage.
  • Les lois européennes interdisent de rejeter cette eau dans les rivières, les ruisseaux et n’importe où ailleurs à la surface du sol (lacs…etc).

 

Mythe n°8 : la fracturation hydraulique consomme beaucoup d’eau

  • La fracturation utilise beaucoup d’eau mais par rapport à quoi ? Les 18 000 m3 d’eau nécessaires pour forer un puits dont la durée de vie est de l’ordre de dix ans équivalent à la quantité d’eau utilisée pour irriguer un champ de blé de 3 Ha pendant une saison ou un terrain de golf de 18 trous pendant un mois.
  • Le volume total de l’eau utilisée par Cuadrilla Resources dans son puits du Lancashire (UK) est égal au volume des fuites d’eau journalières qui se produisent dans une ville comme Manchester.
  • L’Agence de l’Environnement du Royaume Uni (UK Environment Agency), l’Agence de Protection de l’Environnement de Pennsylvanie (the Pennsylvania Environment Protection Agency – EPA) et l’Agence de Protection de l’Environnement de l’Etat de New (New York State EPA) estiment que l’eau nécessaire à la fracturation d’un puits représente un extra dixième de 1% des ressources en eau dont elles disposent.

 

Mythe n°9 : le gaz de schiste européen est un palliatif à court terme qui n’apportera aucune sécurité énergétique

  • Nous espérons voir en 2012 les premiers résultats concrets des ressources que possède l’Europe. Mais nombre de rapports indépendants prédisent, en prenant des chiffres conservateurs, que le Royaume Uni n’aura pas à importer de LNG pour plusieurs décennies, grâce au gaz dit de schiste.
  • De la même manière, les prédictions concernant les ressources de la Pologne en gaz de « schiste » font état de quantités égales à plus de cent ans de consommation en se basant sur la consommation actuelle en gaz naturel et de plusieurs décennies seulement si l’on devait en outre remplacer la totalité du charbon utilisé actuellement par le gaz.
  • La Pologne, la France, l’Allemagne et l’Ukraine disposeront peut être de volumes de gaz suffisants pour les exporter en Europe et même au-delà.

 

Mythe n°10 : la recherche de gaz de schiste nécessite d’immobiliser de grands espaces

  • Les progrès réalisés en matière de forage et qui consistent à forer plusieurs trous à partir d’une même plateforme, combinés avec des forages horizontaux de plus en plus longs signifie que la technologie de la recherche de gaz de « schiste » qui sera utilisée en Europe verra des plateformes de forage d’une superficie de 2,5 Ha voire moins permettant de drainer 5 km² de la roche réservoir ou plus. Nous ne verrons certainement pas une forêt de derricks comme dans les vieux films. L’action se déroule sous terre et non pas en surface et beaucoup de gens ne se rendront compte de rien. La distance entre plateformes peut atteindre plusieurs kilomètres.
  • Compte tenu de la flexibilité que procure le forage horizontal, la plateforme de forage (= la semelle) pourra être placée en des endroits qui gêneront au minimum l’agriculture locale ou des résidences privées.
  • L’Europe est perçue comme un continent très peuplé mais la population est concentrée dans des zones urbaines. Il est surprenant de voir le nombre d’espaces vides en Europe et la recherche de gaz de « schiste », en Pologne, se déroule dans des endroits qui ont une densité de population inférieure à celle de bien des endroits semblables au Texas.
  • L’ère du gaz de schiste moderne a démarré à Fort Worth au Texas, la 17ème grande ville des Etats Unis. Des puits y ont été forés sur le campus de l’Université et même sur l’aéroport local de Dallas – Fort Worth. En ce moment, en Europe, il n’existe aucun projet de forer en zones urbaines mais l’expérience américaine montre qu’il est possible, pour les forages de gaz de « schiste », de coexister avec de proches voisins.
  • Quelques éléments complémentaires :
    1. Chaque puits peut ne prendre que trois semaines à forer. Les opérations européennes devraient prendre soixante jours ou moins, de l’instant où l’on commence à creuser jusqu’à la fermeture du puits.
    2. Lorsque la construction est terminée, l’impact des vannes de surface et celle d’éventuels réservoirs de séparation occupera l’emplacement d’un conteneur d’expédition maritime ou peut être moins. Les équipements peuvent aussi être enterrés et le paysage sera reconstitué dans de nombreux cas à son aspect primitif.
    3. Le gaz naturel est plus léger que l’air et il s’écoule vers la surface naturellement sans avoir besoin d’être pompé et pratiquement sans aucun bruit.

 

Mythe n°11 : le gaz de schiste provoque des tremblements de terre 

  • Le mythe n’est pas que le gaz de « schiste » cause des tremblements de terre mais qu’il cause des tremblements de terre perceptibles. Les deux tremblements de terre globalement prouvés causés par la recherche de gaz de « schiste » sont ceux qui ont été enregistrés dans le Lancashire, d’une valeur de 1,5 et 2,4 sur l’échelle de Richter. D’après le British Geological Survey les tremblements d’une valeur inférieure à 3 sont considérés comme imperceptibles et, dans les zones urbaines, les sismomètres ne sauraient différencier un tremblement de valeur inférieure à 2 du tremblement provoqué par le trafic automobile. Etant donné que l’ échelle de Richter est exponentielle, beaucoup de gens ne savent pas que la quantité d’énergie produite par un tremblement de valeur 2,4 et celle résultant d’un tremblement à l’origine de grands dégâts sont dans un rapport de plusieurs millions.

 

Mythe n°12 : le gaz de schiste est pire que le charbon pour l’environnement

  • L’étude de Robert HOWARTH de l’Université Cornell dont on parle beaucoup démontre que l’exploitation du gaz de « schiste » et le transport par pipeline de tous les gaz naturels laissent échapper de petits volumes de méthane assez significatifs. Les émissions de pur méthane sont plus nocives pour l’atmosphère que celles de méthane brûlé lesquelles dégagent 50% de moins de carbone que le charbon et 25% de moins que le pétrole. Cette étude a été contrée, au bas mot, par une demi-douzaine d’études qui n’y voient aucun mérite dont celle-ci qui émane de ses collègues à l’Université Cornell :
  • Les données indiquent clairement que le remplacement du charbon par le gaz naturel est bénéfique quant à l’effet de serre, quelle que soit le jeu d’hypothèses raisonnables que l’on mette en avant. Il faudrait que les émissions de méthane soient cinq fois plus importantes qu’elles ne le sont actuellement pour que la substitution du gaz au charbon ait une influence néfaste sur le réchauffement climatique quelle que soit l’échelle des temps que l’on prenne. L’avantage du gaz naturel est le même, qu’il provienne d’un puits à gaz de « schiste » ou d’un puits à gaz conventionnel.

Que sont les hydrocarbures de schiste ?

A  l’approche de la conférence environnementale qui doit se tenir au Palais d’Iéna les 14 et 15 septembre prochains et dans un contexte où la France recherche des moyens de croissance et des relais de compétitivité, une énergie domestique, abondante et à bas prix, mériterait de retenir l’attention du gouvernement : les hydrocarbures dits de schiste.

Permettez nous de vous livrer ici une définition quelque peu savante pour que chacun comprenne bien ce que l’on entend quand on parle d’hydrocarbures de schiste.

D’aucuns considèrent le gaz et les huiles de schiste comme des hydrocarbures non conventionnels. Le vocable « hydrocarbures non conventionnels (HNC) » est un terme générique qui désigne à la fois le gaz de schiste dit de « roche mère », le gaz de réservoir compact (tight gas), le gaz de houille (coal bed methane ou CBM), le gaz de mine de charbon (coal mine methane ou CMM), qu’il s’agisse d’une mine en activité (virgin coal bed methane ou VCBM) ou d’une mine abandonnée (abandoned mine methane ou AMM) ou encore les hydrates de gaz que l’on appelle communément hydrates de méthane gazeux (methane gas hydrates ou MGH) ou encore clathrates.

De fait ces termes constituent un triple abus de langage. D’une part les gaz et huiles que l’on rencontre dans l’écorce terrestre proviennent tous d’une roche mère (source rock) et d’autre part il n’y a rien d’atypique au sujet du gaz lui-même qui est du méthane thermogénique (CH4) avec des traces d’homologues supérieurs tels que l’éthane (C2H6), le propane (C3H8), le butane (C4H10), le pentane (C5H12), l’hexane(C6H14), l’heptane (C7H16) et de petites quantités de dioxyde de carbone (CO2), de dioxyde de soufre (SO2), d’hydrogène sulfuré (H2S), d’hélium (He), d’azote (N2), de mercure (Hg) et d’argon (Ar) selon les cas. Enfin, le terme même de schiste est impropre car il s’agit de pélite, c’est-à-dire d’une « boue séchée » que les Anglo-saxons appellent shale ou mudstone.

Les uns disent que c’est le réservoir qui contient le gaz qui n’est pas conventionnel et d’autres que c’est la technologie utilisée pour le produire qui ne l’est pas. L’absence de consensus sur ce sujet entretient un flou que chacun exploite à son avantage.

Ce « schiste » qui combine les propriétés d’être à la fois « roche mère » et « roche réservoir » n’est donc qu’une argile indurée qui a débuté sa vie « géologique » comme vase marine ou lacustre. On commence le plus souvent par patauger dans la vase lorsque l’on va se baigner dans la mer ou dans l’eau des rivières et des lacs! Au fil des ans, cette vase a servi de réceptacle aux débris de la faune aquatique qui peuple les océans, les rivières et les lacs (poissons, mollusques, mammifères marins, plancton,… etc.) ainsi qu’aux débris des végétaux qui les bordent (mangroves, roseaux, pandanus, spores, bactéries… etc.), puis elle s’est enfouie à des profondeurs de plus en plus grandes, tandis que les débris organiques d’origine animale ou végétale qu’elle renferme, sous l’effet de pressions et de températures croissantes, se sont petit à petit transformés, en milieu anaérobique, en sapropel ou proto-pétrole, c’est-à-dire en une sorte de gelée visqueuse qui a donné naissance aux kérogènes de type I, II ou III à l’origine de tous les hydrocarbures.

Une fois durcie, cette argile retient par adsorption l’huile et le gaz qui se sont formés. Néanmoins, au cours des temps géologiques et pour diverses raisons, il lui arrive de laisser échapper des gouttelettes d’huile et des bulles de gaz qui viennent se piéger dans les premiers niveaux poreux sus-jacents formant ainsi des gisements de pétrole ou de gaz dits gisements conventionnels. En l’absence de « pièges » stratigraphiques (anticlinaux, biseaux, changements de faciès) ou tectoniques (failles, blocs faillés, plissements divers) qui permettent aux gisements de se créer, huiles et gaz migrent vers la surface et contribuent ainsi à former les « indices de surface ».

A titre indicatif, il doit exister de par le monde entre 100 000 et 200 000 gisements d’huile et de gaz, dont seuls 30 000 à 50 000 sont actuellement rentables. Mais on ne connait guère à ce jour qu’une dizaine de milliers d’indices de surface, dont trois mille environ ont été identifiés en mer.

Réflexion de géologue : et si l’on avait tout faux ?

Ce n’est qu’une hypothèse, bien sûr, mais si elle devait se confirmer, la face du monde s’en trouverait changée et la géopolitique de l’énergie le serait aussi.

Nous considérons ces gisements soi-disant conventionnels comme des avatars ou des dépôts secondaires témoignant de la présence, en profondeur, d’une roche mère, laquelle est le véritable gisement conventionnel. Dans bien des cas, après avoir trouvé un gisement d’huile ou de gaz, foreurs et géologues, trop heureux de l’avoir découvert, s’emploient à le mettre en production sans se soucier d’aller plus bas, à la recherche de cette roche mère dont le potentiel demeure ainsi quasiment intact ou presque. Ce pourrait être le cas du gisement de Lacq en particulier.

Si l’on considère que les océans couvrent 70,8% de la surface du globe, soit 361 132 000 km² et que les 148 940 000 km² restants contiennent de nombreux lacs et rivières, il va sans dire que ce « schiste », cette argile indurée, sont extrêmement abondants de par le monde. En l’absence d’études approfondies, il n’est pas possible de dire aujourd’hui qu’elle est la superficie des « sweet spots », ces zones privilégiées dans lesquelles le T.O.C (Carbone organique total) est égal ou supérieur à 3% du volume de la roche et qui constituent un environnement favorable à la présence de gisements d’hydrocarbures dits de schiste . A terre, dans les gisements connus tels ceux d’Eagle Ford, Barnett, Marcellus et Bakken aux Etats Unis, on constate que dans les « sweet spots », un mètre cube de roche peut contenir 20 mètres cubes de gaz aux conditions ambiantes de température et de pression, soit 20°C et 1 atmosphère.

Nous nous abstiendrons d’avancer le moindre chiffre de réserves mais nous dirons simplement qu’elles doivent être énormes et dépasser de loin les besoins de la population mondiale actuelle pour plusieurs centaines d’années à venir. Quant aux hydrates de méthane leurs réserves sont sans doute mille fois plus importantes encore, mais la technologie nous fait défaut pour le moment bien que des essais de mise en production viennent d’être effectués au large des côtes du Japon.

Ce panorama à la fois descriptif et prospectif devrait permettre désormais à chacun de savoir ce dont on parle quand on parle de gaz et d’huiles de schistes et quels sont les enjeux auxquels nous sommes confrontés.

Peut-on vraiment se réjouir que Nicole Bricq instaure une exception énergétique française ?

Le G8 s’est récemment achevé à Camp David, avec son habituelle distribution de satisfécits et de bons points. Dans ma prime jeunesse, à l’école maternelle, avec les bons points que nous non plus n’avions guère mérités, la maîtresse nous donnait des bonbons mais au moins elle pouvait placer en nous quelque espoir de progrès. Or de progrès, il est à craindre qu’il n’y en ait pas dans ce rassemblement des puissances industrielles, et c’est en partie la position française qui en est responsable. Jacques Brel doit se retourner dans sa tombe en recrachant ses bonbons.

La politique ne m’intéressant plus guère, je me suis donc penché sur la façon dont le G8 traite les problèmes d’énergie qui, bien souvent hélas, sont accouplés aux questions climatiques. Grave erreur, car si tous deux traitent de croissance, les premiers concernent les hommes et leur devenir, les secondes concernent les plantes qui végètent et n’ont pas la parole !

En France, pour les 2,5% d’électeurs qui ont voté Eva Jolly et pour un nombre plus important de sympathisants qui se sont fédérés au sein de plusieurs milliers d’associations de défense de l’environnement, l’énergie est devenue une nuisance et pour tout dire, l’hydre à abattre. Mais quelle hérésie ! Depuis Prométhée, c’est l’énergie qui a permis à l’humanité de faire les bonds en avant que l’on sait en apportant confort, sécurité et gains de productivité : l’énergie est l’un des moteurs du progrès et l’énergie abondante à bas prix, je ne cesserai de le répéter, est comme un turbo-propulseur.

Depuis la domestication animale et la conquête d’Alexandre le Grand en 333 avant notre ère et jusqu’à la calamiteuse guerre de 1870-1871, l’humanité en était resté à des ressources simples et peu efficaces, ce qui ne l’a pas empêchée de faire de grandes réalisations par ailleurs. Les choses commencèrent à bouger avec la découverte des nouveaux usages de l’or noir à Pechelbronn, en 1875. Il s’agit de l’un des premiers gisements de pétrole au monde à être exploité (depuis 1740) et il se trouve en France, en Alsace. Qu’on me permette de rappeler ainsi que cela fait donc longtemps qu’en France, on a du pétrole

Grâce à cet or noir tant décrié par nos écologistes et au progrès de la mécanique, le XXème siècle a connu le progrès de la traction automobile, de l’aviation à moteur, des fusées, navettes et stations orbitales. L’humanité a découvert et profité de nouveaux horizons et je vois assez mal comment la transition écologique chère à Nicole Bricq pourrait nous aider à progresser dans cette voie que les gens de ma génération ont ouverte.

Néanmoins, en lisant le compte-rendu du G8, on pourrait se réjouir de certains éléments de la déclaration finale :

  • Il est rappelé au point 10 que dans des économies en croissance, il est indispensable de subvenir aux besoins énergétiques en piochant dans une très large palette, des énergies fossiles aux énergies renouvelables. Voilà qui est sage et permet à chacun, en fonction de sa situation, de réaliser son bouquet énergétique sans ostraciser aucune source d’énergie. C’est une ouverture d’esprit consensuelle et de bon aloi.-
  • Plus intéressant, le point 11 annonce une volonté commune de partager les bonnes pratiques en matière de production d’énergie, en particulier l’exploration de nouvelles ressources grâce aux technologies telles que le forage profond et la fracturation hydraulique. Ainsi, les avancées techniques des uns profiteront aux autres. C’est ce que l’on appelle une démarche de progrès, un mot devenu quasiment tabou aujourd’hui auprès d’une certaine frange de notre population et dont le Ministère du Redressement productif devrait prendre bonne note.

Mais hélas, le diable se cache dans les détails et c’est Nicole Bricq, notre nouvelle ministre de l’ Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, qui a introduit un incroyable bémol dans la déclaration finale du 19 mai dernier. Selon Mediapart, elle serait parvenue à glisser dans cette déclaration : le G8 encourage la fracturation hydraulique « là où elle est autorisée » (where allowed).

Autrement dit, la France par la voix d’une inconnue sans qualification particulière dans un domaine qui n’est pas le sien, a fait voler en éclat le consensus si difficilement atteint sur la coopération technique. Il semblerait même que dans certaines sphères gouvernementales on se réjouisse de cet incroyable gâchis. Pour nous c’est le coup de pied de l’âne. Pendant cinq ans, nous avons eu en matière d’énergie un quarteron de talentueux incapables et l’on pouvait espérer qu’avec le changement de gouvernement et un Ministre de l’Industrie (pardon, du « Redressement productif ») chantre de la démondialisation et de la relocalisation des activités productives, des décisions plus rationnelles et bénéfiques pour notre économie interviendraient. Mais il a fallu tomber sur un cadre de l’industrie, Sénatrice, de surcroit proche des Verts, qui entend faire prévaloir son programme de bric et de broc.

La France fait une fois encore cavalier seul sur la scène internationale en prônant une exception énergétique difficile à comprendre. Cette attitude aberrante rappelle celle des trois singes, qui se voilent la face pour ne pas voir, se bouchent les oreilles pour ne pas entendre et se bâillonnent pour ne rien dire. Nous nous mettons la main devant les yeux pour ne pas voir les richesses énergétiques que nous avons vraisemblablement sous nos pieds et dont l’exploitation contribuerait au redressement de notre balance commerciale, nous nous bouchons les oreilles pour rester sourds aux avancées du monde qui nous entoure et nous nous taisons puisque personne ne veut nous écouter.

Pourrait-on enfin cesser notre isolationnisme idéologique et aborder ces questions d’énergie d’une manière pragmatique ? Il n’est que temps !

De l’énergie, made in France

Made in France. Origine France Garantie. Product of France. Des mots. Ce ne sont que des mots… et vouloir faire de ce mantra l’un des sésames de la prochaine campagne présidentielle est bien la preuve par neuf de l’attrition de la pensée politique. Et pourtant, le coq gaulois qui sommeille en chacun d’entre nous devrait savoir que pour faire du made in France intelligemment, il faut commencer par disposer de ressources naturelles fiables et bon marché.

L’appât du gain a poussé nos industriels à délocaliser notre production vers des pays où salaires et charges sociales sont au plus bas de l’échelle et les acheteurs que nous sommes se sont précipités sur ces marchandises venues d’ailleurs que l’on payait à peine quelques kopeks de moins. Les pouvoirs publics ont laissé faire en pensant que la France, fière comme Artaban, garderait les idées et la création et que d’autres, besogneux, mettraient les mains dans le cambouis. Et voilà que fin 2011, on fait mine de découvrir qu’en 3 ans à peine, la France avait perdu 100 000 emplois industriels et que 900 usines avaient mis la clé sous porte (voir cet article des Echos). Sur trois décennies, le constat est encore plus affolant .

Que va-t-il advenir maintenant que la crise s’installe et que le chômage gangrène notre modèle ? Les incantations actuelles pour faire revenir en France la production d’un certain nombre de produits qui ont quitté le territoire semblent assez  superficielles. Il ne suffira pas de relocaliser la production de quelques produits de renom comme l’ont fait les bonnetiers à Troyes et  les skis Rossignol et Dynastar à Sallanches pour que la machine redémarre. Quant au label « made in France », autant dire qu’il  n’est pas encore très lisible pour qui voudrait consommer tricolore. Certains s’écharpent même pour savoir si 50% de la valeur ajoutée suffiraient pour le mériter ou s’il faut établir des grilles plus ou moins vertueuses sur le modèle de l’étiquetage électroménager : 60%, 70%…

Nous devons nous rendre à l’évidence : nous sommes entrés, les mains vides, depuis deux bonnes décennies dans l’ère postindustrielle et cette dernière a vidé les bassins d’emploi… de leurs emplois. En 2011, la production industrielle en France ne représente plus que 10% du PIB en valeur et à peine plus en termes de postes.

Il nous faut repartir du pied droit, avec des idées neuves, ouvrir de nouvelles voies et nous montrer les meilleurs et les plus compétitifs dans ces nouveaux domaines. Avant toutes choses, il faudrait que l’Etat se réforme et réduise son train de vie. Avons-nous besoin de 348 sénateurs quand les Etats Unis, cinq fois plus étendus que nous, avec une population cinq fois plus nombreuse n’en ont que 100 ? Nous aurons bientôt 588 (577 + 11) députés contre 435 aux Etats Unis et 450 en Russie. Est-il normal que les 100 préfets en exercice habitent de petits Versailles ? La réponse est non ! Est-il possible de ramener les choses à leurs justes proportions ? Je pense que oui  mais hélas, ce n’est pas la direction que nous prenons.

La seule piste qui nous reste est d’augmenter notre P.I.B. tout en gelant les dépenses de l’Etat à leur niveau actuel. Ainsi le rapport dépenses/revenus baissera dans des proportions qui rendront la situation beaucoup plus acceptable… tout en préservant les sinécures de nos élus et de nos édiles.

De par ma profession, je m’intéresse naturellement à la facture pétrolière de la France qui tend allègrement vers 60 milliards d’euros cette année. Excusez du peu ! La réduire me parait l’évidence même et pour cela, sauf à imposer des restrictions, il nous faut sécuriser une énergie à bas prix de revient. C’est la condition sine qua non de toute réimplantation industrielle dans l’hexagone et le seul moyen de réparer le tissu industriel et de le faire passer de son taux actuel à 50% de l’emploi, réduisant ce faisant le chômage endémique que connait notre pays.

Car si les français ont affirmé récemment dans un sondage qu’ils étaient prêts à payer plus cher un produit fabriqué ou assemblé en France au lieu d’être importé, se rappelant le vieil adage « nos emplettes sont nos emplois », il faut préciser qu’ils ne l’acceptent que si l’écart de prix est de 10 à 15%. Or il est aujourd’hui de l’ordre de 25% au minimum ! Comment réduire cet écart ? Par les coûts de production, et donc en bonne partie par une énergie bon marché.

Le nucléaire est une piste sérieuse qu’il nous faudra sans doute abandonner un jour pour diverses raisons. Le renforcement de la sécurité de nos centrales semble avoir un coût que l’on n’avait pas imaginé. L’hydroélectricité transforme les paysages et l’approvisionnement en eau pourrait être compromis en raison du réchauffement climatique. L’hydrogène, la géothermie profonde et les hydrates de méthane seront à la portée de tous dans cinquante ans ou plus, car la technologie n’est pas encore au point. Quant aux énergies renouvelables, elles coûtent très cher au contribuable et font appel aux terres rares que nous n’avons pas et dont la Chine contrôle 95% de la production mondiale. Leur fiabilité dans l’approvisionnement continu reste problématique : une éolienne fonctionne rarement à plein rendement. Quant au solaire, il est logique de rappeler qu’il est inefficient la nuit.

Restent le gaz et les huiles de schiste que la France possède en abondance et ces ressources domestiques jouissent à la fois des labels « Made in France », « Origine France garantie » et « Product of France ». Et là, sans aucun doute, ce sera à 100 % ! Les salariés de la raffinerie Petroplus de Petite-Couronne seraient  sans doute désolés de savoir que les hydrocarbures qui leur manquent pour poursuivre leur activité se trouvent sous leurs pieds, en grande quantité et  à des prix abordables. Les citoyens en général devraient s’interroger, à l’heure où l’on cherche désespérément de l’argent pour boucler le budget, sur le ridicule de la situation.

Car stupidement, nos politiques tournent le dos aux hydrocarbures de schiste, préférant voir la ménagère payer son gaz au prix fort quitte à battre le briquet pour se réchauffer quand elle ne pourra plus payer sa facture de chauffage. Ils préfèrent voir la France s’enfoncer lentement dans son déclin tel le paquebot qui vient de heurter un iceberg. Ils me font penser à  l’orchestre de bord qui continuerait à jouer un air entrainant ! Alors qu’avec de l’énergie « made in France », on pourrait faire repartir la machine industrielle, créer des emplois et réduire notre dette souveraine.

De grâce, Messieurs les politiques, retroussons nos manches et cessez d’écouter les prophètes de malheur. Je ne suis pas bouvier et ne saurais l’être. Quant à José Bové, il n’est pas géologue que je sache !

Enfin un cadre européen commun pour l’exploitation des hydrocarbures de gisements non conventionnels

Le commissaire européen à l’Energie, Günther Oettinger a souhaité, dans un discours prononcé à Wroclaw, en Pologne, lors d’une réunion du Parti Populaire Européen (PPE), l’instauration de normes communes pour l’exploitation de gaz de schiste dans l’ensemble des pays de l’Union Européenne. « Je pense que les gaz non conventionnels ont besoin d’un haut niveau d’acceptation. Nous devons avoir de hautes exigences en matière de sécurité et de normes environnementales » a-t’il notamment déclaré.

Il était temps que, sous la férule polonaise, les Européens se mettent d’accord pour obliger chaque Etat membre à déterminer la richesse de son sous-sol en gaz et huiles de schiste ainsi qu’en gaz de réservoirs compacts, techniquement et économiquement récupérables, dans le respect des lois et des règlements en vigueur et de ceux qui viendraient à être crées. Car il devient urgent que l’Union Européenne, dans son ensemble, trouve des solutions pour réduire sa facture pétrolière. En effet, ces importations d’hydrocarbures extérieures à l’UE portent atteinte à la parité de l’Euro par rapport aux autres monnaies de référence et contribuent à renchérir le coût de la vie.

Aujourd’hui, la France fait cavalier seul en Europe et se place dans une posture rétrograde avec la loi N° 2011-835 du 13 juillet dernier dite loi Jacob, paradoxale et en toute vraisemblance inconstitutionnelle, qui paralyse tout projet et que l’Assemblée Nationale a voté à la hâte, sous la pression des écologistes radicaux avec lesquels je demeure prêt à discuter. Légiférer sans réguler, quelle curieuse manière de procéder, quand bien même une élection se profile-t-elle à l’horizon !

La France traîne également des pieds : le rapport de la mission gouvernementale, qui devait être remis le 31 mai dernier et dont l’Assemblée Nationale a fait fi, a été repoussé au 31 décembre 2011 avec un second rapport d’étape prévu entre temps à une date qui n’est pas encore fixée, puisque la mission s’est vue reconduite dans ses travaux par le Premier Ministre.

De leur côté, la Hongrie, le Royaume-Uni, l’Allemagne , l’Autriche et d’autres pays de l’Union laissent les expérimentations et les explorations se poursuivre dans la sérénité avant de prendre des décisions.

La Pologne, où le Commissaire Oettinger a prononcé son discours, montre l’exemple. Elle dépend aujourd’hui à 40 % des importations de gaz russe, mais dispose de gigantesques réserves de gaz de schiste, enfouies dans une diagonale de près de 650 kilomètres qui court depuis la Baltique jusqu’à sa frontière avec le Belarus. Ces réserves, dont plusieurs forages verticaux et horizontaux assortis de fracturation hydraulique ont prouvé l’existence, sont les plus importantes de l’Union Européenne. Elles ont été évaluées par l’Agence américaine d’information énergétique (EIA) à 5 300 milliards de mètres cubes, soit l’équivalent d’un à deux siècles de consommation domestique !

De plus, l’épuisement progressif de son charbon obligeant la Pologne à choisir de nouvelles sources d’énergie de remplacement, les gaz de schiste constituent une composante importante de la réponse au mix énergétique à trouver. La production d’hydrocarbures de gisements non conventionnels polonais n’a pas encore commencé mais la prospection est largement avancée et la Pologne devrait pouvoir retirer d’ici une décennie, tant sur le plan financier que sur celui de l’indépendance énergétique, les bénéfices de cette richesse enfouie sous son sol.

Il serait ridicule qu’à l’heure des choix d’un nouveau mix énergétique, la France refuse sans autre motif qu’une crainte irraisonnée, propagée par un documentaire qui ne concerne pas même le gaz de schiste mais dont certains parlementaires et les mouvements écologiques ont fait leur bréviaire, d’exploiter ses richesses naturelles. Car dans le même temps, grâce au marché commun, nous pourrions être amenés à acheter… du gaz de schiste polonais. Ce serait en quelque sorte la réponse du « plombier polonais » à la bergère hexagonale.

Quelle hypocrisie ! Et surtout quel gâchis…

J’espère que le sujet, porté à l’échelle européenne, connaîtra un encadrement digne de ce nom qui fournira de la visibilité à tous les acteurs, des professionnels des hydrocarbures aux riverains des zones exploitées en passant par nos élus.

Il ne s’agit pas, comme d’aucuns en brandissent la menace, d’un laisser-faire général, mais bel et bien de poser des conditions d’exploitation qui garantiront à la fois une sécurité maximale dans le respect le plus scrupuleux de l’environnement, un contrôle strict par des autorités indépendantes, une information transparente sur les activités en cours, et bien entendu une redistribution des revenus qui profitera aux collectivités territoriales et aux propriétaires terriens dont les sous-sols sont exploités.

Je suis tout à fait d’accord avec le Commissaire Oettinger lorsqu’il affirme que « la meilleure façon de procéder est d’européaniser les standards ». L’Europe est sans doute le meilleur garant d’une politique d’exploration raisonnable et bien encadrée de ces hydrocarbures de gisements non conventionnels.